Si tu diriges une PME et que depuis un an ou deux il te tombe des e-mails de « consultants AEO » ou « experts en GEO » qui veulent te vendre des forfaits de 3 000-15 000 € pour « optimiser ta présence dans la recherche avec IA »… aujourd'hui, c'est le jour d'ouvrir ta boîte, de les supprimer, et de retourner au vrai travail.
Google a publié il y a une semaine un guide officiel sur la recherche avec IA qui, sur un ton inhabituellement direct pour eux, dit : « GEO et AEO restent du SEO ». Aucun changement de règles. Aucune technologie secrète. Aucune nécessité de recruter quoi que ce soit de nouveau.
Au cas où ça t'aurait échappé, ces deux dernières années, l'industrie du marketing s'est remplie de nouveaux acronymes :
- GEO — Generative Engine Optimization
- AEO — Answer Engine Optimization
- LLMO — Large Language Model Optimization
- AIO — AI Overview Optimization
Chaque acronyme amène son gourou, ses propres formations, ses propres « experts certifiés ». Et, surtout, ses propres prix gonflés. Le message de Google de cette semaine leur enlève le sol sous les pieds.
Ce que Google a dit exactement.
Le guide, publié par l'équipe de Google Search, passe en revue quatre tactiques que l'industrie vendait comme indispensables pour apparaître dans les réponses générées par IA — et les démonte une par une :
1. llms.txt — inutile.
Quelqu'un a inventé un format parallèle au robots.txt qui
était censé guider les LLM sur les contenus à prioriser. Google le dit
clairement : on ne le lit pas. Ni eux, ni — pour
l'instant — aucun autre moteur de recherche important. C'est un standard
qui voulait exister ; il ne l'est pas devenu. Si tu as dépensé de
l'argent chez des consultants qui t'ont fait « préparer ton llms.txt »,
tu as le droit d'être énervé.
2. Content chunking — inutile.
L'idée : découper ton contenu en petits blocs « pour que l'IA puisse mieux les citer ». Google dit que son système fait déjà le chunking en interne. Si tu le fais sur ton site, tu n'apportes rien ; si tu le fais mal, tu perds du contexte et tu appauvris le contenu. Un service que certains facturaient 2 000-5 000 € par article : valeur zéro.
3. AI-specific rewriting — inutile.
Réécrire ton contenu « pour que les LLM le comprennent mieux ». Phrases courtes, listes partout, définitions explicites au début. Google dit que la qualité de lecture pour les humains est le signal que ses modèles d'IA priorisent. Si tu l'écris bien pour des personnes, l'IA le lira bien aussi. Il n'existe pas un « style pour IA » différent du « bon style pour humains ».
4. Schema spécial — inutile.
Là, Google fait une distinction importante. Oui, il
faut que ton schema.org soit bien fait — de l'information
structurée sur ce que tu es, ce que tu vends, qui tu es. Mais
non, il n'existe pas un schema « pour IA » différent
du schema « pour SEO normal ». Le même balisage que les SEO utilisaient
en 2018 reste le bon.
Pourquoi ils le disent maintenant.
Quand Google publie un guide aussi explicite, c'est en général parce qu'une idée s'est suffisamment répandue pour nuire au vrai SEO. L'industrie des services AEO/GEO a tellement grossi cette dernière année que des pratiques agressives apparaissent (keyword stuffing recyclé en « LLM optimization », spam de schema, contenu synthétique) qui nuisent aux classements au lieu de les aider.
Google protège la qualité de ses résultats. Et au passage, sans le vouloir, ça te rend service si tu diriges une PME. Voici le service :
Ce que tu dois faire pour apparaître dans la recherche avec IA est exactement ce qu'on dit depuis quinze ans : du contenu utile, bien structuré, dont on sent que celui qui l'écrit maîtrise son sujet. Ni plus, ni moins.
Ce qui fonctionne en 2026.
Si tu veux apparaître dans les réponses générées par IA — que ce soit les AI Overviews de Google, les réponses de ChatGPT, Perplexity, Claude ou ce qui viendra ensuite — le travail est le même qu'avant. Sept choses que personne ne peut te vendre comme « AEO » parce que ce ne sont pas des astuces, c'est du métier.
1. Résoudre une question concrète.
Chaque page devrait répondre à une question qu'une personne réelle se pose. Si ton titre est « Solutions intégrales de croissance digitale », tu ne réponds à rien — tu cries. Si c'est « Combien coûte une campagne Google Ads pour une clinique dentaire ? », tu as un titre qu'un LLM peut citer.
2. Avoir une vraie signature.
Les LLM préfèrent du contenu avec un nom derrière, une bio crédible, des liens vers LinkedIn, des preuves que tu sais de quoi tu parles. Ça s'appelle E-E-A-T dans le jargon de Google (Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness). Ça existe depuis 2018 et ça reste pertinent. Pour une PME : mets ton nom sur les choses. La « voix corporative anonyme » fonctionne moins bien chaque année.
3. Structure claire avec des intertitres utiles.
Quand un LLM choisit ce qu'il cite, il cherche des passages auto-suffisants. Si tu as un H2 qui dit « Ce qu'inclut le service », le paragraphe en dessous devrait pouvoir se lire seul. S'il dépend du contexte des trois paragraphes précédents, il ne sera pas cité. Une section, un argument.
4. Balisage schema.org de base.
Le blog que tu es en train de lire a un BlogPosting en
JSON-LD. Rien d'étrange ; c'est le standard. Si tu as un commerce local,
mets LocalBusiness. Si tu vends des produits,
Product. Si tu fais des services professionnels,
ProfessionalService. Un seul morceau de schema bien fait
vaut mieux que dix mal faits.
5. Vitesse et accessibilité.
Google Search Console te dira si ton site est lent ou s'il a des problèmes d'accessibilité. Les corriger est gratuit et a un effet direct. Ne sous-estime pas : une page qui charge en 3 secondes est invisible pour des crawlers qui sont pressés.
6. Des liens externes crédibles.
Si tu cites une étude, mets-la en lien. Si tu mentionnes un outil, mets-le en lien. Les LLM lisent aussi le web ouvert et associent ton domaine au contexte des liens que tu as. Un site qui renvoie vers des sources rigoureuses gagne en autorité par association.
7. Contenu à jour.
Un article daté de 2021 qui parle de « tendances » perd des positions chaque mois qui passe. Si tu as du contenu evergreen, garde-le vivant — ajoute une note de mise à jour, rafraîchis les exemples, vérifie que les liens ne sont pas cassés. Google le remarque. Les LLM aussi.
Alors, qu'est-ce que je fais des 3 000 € qu'on m'avait budgétés pour le GEO ?
C'est la question intéressante. Si une agence ou un consultant t'a budgété 3 000-15 000 € pour « optimiser ton site pour l'IA », tu as plusieurs meilleures options :
- Le réinvestir dans du contenu de fond : trois articles longs bien faits, chacun répondant à une question concrète de ton secteur. Ça t'apporte cinq ans de trafic organique.
- Auditer ton schema actuel : plus de la moitié des PME que je vois ont un schema cassé ou dupliqué. Une journée de travail, gros impact.
- Migrer vers un hébergement rapide : Vercel, Cloudflare Pages, n'importe quoi qui donne un TTFB sous 200 ms. Coût : moins de 20 €/mois.
- Te mettre toi-même sur ton propre site : page « À propos » avec ta photo, ton nom complet et ton LinkedIn. Ça pèse plus que cinq consultants AEO réunis.
Si tu veux vérifier que ce qu'on te vend n'est pas de la fumée, le test est simple : demande au consultant s'il peut t'envoyer un lien vers la documentation officielle de Google qui confirme que sa technique fonctionne. S'il ne peut pas le faire, tu as déjà la réponse.
Pourquoi les PME veulent y croire.
L'asymétrie est celle-ci : toi, en tant que dirigeant de PME, tu n'as pas le temps de lire la documentation de Google. Tu n'as pas non plus à l'avoir ; c'est pour ça que tu paies des experts. Le problème, c'est que tu as tellement d'e-mails d'« experts » avec de jolis sites que tu as le sentiment que tout le monde maîtrise sauf toi.
La peur du « truc de l'IA » — perdre du trafic parce que ChatGPT répond avant que le visiteur arrive sur ton site — est réelle. Mais la solution n'est pas d'acheter de nouvelles astuces. La solution, c'est de faire correctement ce qu'on a toujours dit qu'il fallait faire correctement. Et si tu ne le faisais pas il y a cinq ans, ce n'est pas la faute des LLM. C'est la faute de ne pas l'avoir fait avant.
Ce que je fais, concrètement.
Quand quelqu'un me confie un mandat « SEO ou GEO » chez Petit Roig, voici ce que je fais. Sans secrets :
- Audit technique — vitesse, indexation, schema, erreurs. 1 jour.
- Audit de contenu — ce que tu as, ce qui répond à quoi, les trous. 1-2 jours.
- Mapping de mots-clés — ce que cherchent les gens de ton secteur qui ne t'ont pas encore trouvé. 2-3 jours.
- Plan de contenu — 12-18 articles qui répondront à des questions concrètes pendant les 6 prochains mois.
- Exécution hebdomadaire — écrire, optimiser, mesurer, ajuster.
Aucune des étapes n'est secrète. Aucune n'est nouvelle. Aucune ne s'appelle « GEO » ou « AEO ». Ça s'appelle SEO et ça a quinze ans. Si ça sonne moins glamour qu'un forfait « AI Visibility Optimization », c'est peut-être que ta PME n'a pas besoin de glamour — elle a besoin de résultats.
Tu veux savoir ce qu'il faut réparer sur ton site ?
Un diagnostic de 90 minutes pendant lequel on passe en revue ton SEO actuel en direct, on identifie les 3-5 leviers qui pèsent le plus, et je te livre une feuille de route écrite. 290 € + TVA, séance unique.
Réserver un diagnostic